Je plein le vide qui se plein

Je plein le vide qui se plein

Je suis une goutte d’eau dans l’océan

Viens, je t’emmène avec moi faire un tour dans notre imaginaire, afin d’apprendre comment prendre conscience de ce que nous sommes, de notre réalité, de notre Soi.

Je suis sur l’océan et je vois la mer à perte de vue dans toutes les directions avec de belles petites vagues arrondies. Mon ballottement est presque reposant, presque hypnotisant. Je me laisse bercer par les flots bleus. Parfois, je me retrouve sur le dessus d’une vague et parfois dans son creux et je me sens relativement bien.

Tempête à l’horizon.

Tout à coup, je vois le ciel s’obscurcir tranquillement de plus en plus. En conséquence, le vent forcit également et il passe d’abord lentement, puis de plus en plus vite, d’un vent de force 1 à un vent de force 5. Mes petites ondes du début sont devenues des vaguelettes, puis de grosses vagues, puis d’énormes vagues, de véritables montagnes, avec des bouillonnements d’écume de plus en plus importants. Comme au début, je me retrouve parfois en haut de la vague et parfois dans le creux. Les vagues devenant de plus en plus grosses je me trouve à être porté jusqu’au sommet de chacune d’entre-elles d’où je peux voir que, peu importe où porte mon regard, j’observe des vagues gigantesques à perte de vue. Chacune d’entre elles étant différentes tout en étant semblables. Leurs nombres sont illimités.

Une fois en haut, tout en haut, je me vois précipiter au fond de creux abyssaux d’où il m’est impossible de voir les autres vagues autour. Je ne vois que celle d’où je proviens qui risque de m’écraser et de m’anéantir sans rien pouvoir y faire et celles qui vont m’emporter. En descendant et au fond de ce creux, je peux également voir la prochaine, que celle d’avant me pousse à gravir. Je vois cette montagne d’eau dont la crête m’attire comme un aimant et vers laquelle je suis poussé sans résistance possible. Je me rends compte que la première grosse vague que j’ai prise, avec son premier creux, a créé en moi une peur immense qui se reproduit à chaque fois que j’anticipe de monter au sommet de la prochaine ou de m’effondrer dans la suivante. Je retrouve cette frayeur pareillement, lorsque je me retrouve dans le vide où m’a précipité la précédente et que je regarde la montagne ou je vais, avec le souvenir de ce qu’elle a produit en moi.

La peur surpassée

À un certain moment, cette peur est surpassée par un autre élément, l’orgueil. Mon orgueil, fait que dès que je suis plus haut que les autres, j’ai l’impression d’être en sécurité un court moment avant de replonger. Cet orgueil fait également que je suis envieux de celles qui sont plus hautes que celle où je suis, car elles semblent protégées des plus petites qu’elles. De plus petites que je méprise, parce que j’ai peur qu’elles prennent la hauteur suffisante pour me dominer. De ce fait, en plus de la peur, cela entraîne un sentiment de culpabilité, soit la culpabilité de vouloir dominer l’autre, et d’empêcher l’autre de monter à mon niveau et la culpabilité de vouloir avoir ce que la plus grande possède.

Le calme après la tempête

Après un temps, impossible à définir, le vent commence à diminuer d’intensité de plus en plus. Je fais cependant une découverte inquiétante. Même si les écarts de hauteur entre leurs crêtes et leurs creux diminuent sans cesse, même pour des vaguelettes, je me retrouve avec cette peur et cette culpabilité que j’ai ressenties alors que je pensais être absorbé dans toute cette immensité. Bien que ces deux éléments s’amoindrissent au fur et à mesure que l’intensité des éléments se réduit, je les ressens toujours avec cet orgueil. Je crains que la prochaine soit plus grosse et que la peur du vide que j’ai ressentie également, en me retrouvant dans les creux, augmente et m’engloutisse.

En harmonie avec tout

Un jour, je regarde vers un ciel qui devient complètement dégagé et je sens que le vent semble à bout de souffle et qu’il s’endort. Effectivement, il s’est calmé et il n’y a même plus une simple brise. D’où porte mon regard, je ne vois plus que l’immensité sans aucune ride, sans crête ni creux, sans passé ni avenir, sans plein ni vide. Une mer dont même un simple aileron ou un simple doigt pourraient briser, pour un très court moment, l’harmonie. Tout à coup, je me sens comme étant seul, tout en étant tout ce qui m’entoure, comme étant l’océan lui-même. Je me sens en harmonie avec tout, je ne ressens plus aucune peur, ni culpabilité, ni orgueil. Je n’anticipe pas non plus ce qui pourrait arriver. Je vis ce moment ici et maintenant. Je sens même que si le vent et les nuages revenaient, ils feraient partie de ce que je suis également, et ce, quelle que soit son intensité.

Puis, je me demande ce qui a fait que j’ai vécu cette peur, et d’où venait que tout d’un coup, tout ai changé autour de moi, pourquoi tout est devenu complètement fou, illogique et apeurant. Je me suis rendu alors compte, du moins au début, que ce sont des éléments extérieurs à moi qui ont créé ces bouleversements, soit le vent, la rencontre d’un système de hautes et de basses pressions, les nuages et le soleil qui réchauffe l’océan et même le tremblement de terre sous la mer qui entraîna un tsunami. J’ai ensuite pris conscience que si je sens que je suis seul tout en faisant partie de l’ensemble et que je suis même tous ces éléments tout à la fois, c’est donc moi qui ai créé tous ces tourments. Ce ne sont donc pas tous ces éléments extérieurs que j’ai nommés, car ils font partie de mon Soi.

Je suis

Je me suis également demandé quelle est la raison de cette peur et de cette culpabilité, vu que je fais partie de l’ensemble. J’ai constaté alors que lorsque j’étais sur le dessus de la vague, je me comparais aux autres vagues, certaines étant plus hautes ou plus basses et que je n’étais qu’un élément sans valeur particulière dans toute cette immensité. Alors que lorsque je me trouvais dans un creux, dans un vide, lorsque je regardais la vague derrière moi, j’y voyais mon passé. J’y constatais la peur née de mon passé, la peur de tomber encore plus creux, d’être anéanti par ce que j’avais derrière moi ou par d’autres encore plus grosses. Cette situation a également fait que j’avais peur de gravir la suivante, sachant qu’un vide viendrait après et que je me retrouverais quand même avec rien de plus ni de moins qu’avant. De plus, à chaque fois que j’anticipais ce que serait la suivante, je faisais fausse route. Celle que je devais gravir ou sombrer, était soit pire soit moindre que celle que j’envisageais dans mon rêve. Entre les deux, ma peur ne me permettait pas de constater que j’étais dans le même état que maintenant. Un entre-deux où le temps n’existe pas, où il n’y a ni passé ni avenir.

Le fait d’avoir tout arrêté pour un temps me fait prendre conscience de tout cela. Je me rends compte que je peux, si je le veux vraiment, obtenir la même sensation de sérénité et d’unité que je sois sur la crête ou dans le creux d’une vague. J’ai pris conscience que tout plein est relatif, inconstant et apeurant, et qu’il est toujours suivi d’un vide proportionnel, fluctuant et apeurant d’anticipation des éléments passés. Je réalise aussi que tout est antagoniste dans mon monde. La crête suit ou précède le creux, le plein le vide, le passé le futur et le haut le bas, etc. Je constate également que ne voyant aucune vague, plein, creux ou vide et en étant ici et maintenant, tout ce dont j’avais peur n’a aucune existence que celle que je lui prête, et que mon anticipation de l’avenir était basée seulement sur la peur de mon passé qui n’existe pas et finalement que seul le moment présent, me permet de réaliser qui Je Suis.

Mais qui suis-je pour te dire tout cela ? Je ne suis qu’une goutte d’eau dans l’océan tout en étant l’océan et l’univers, tout en étant tout cela, et rien de tout cela. Je suis lumière.

Pardon, paix et amour.

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