Daesh un problème ? Non un syndrome.

Non, Daesh n’est pas un problème, mais un syndrome parmi tant d’autres. Afin de le démontrer, dans un premier temps, je vais vous donner la manière dont on pense régler un problème en ce Monde, et par la suite comment l’on envisage un syndrome.

Les solutions à un problème

Dans Le Petit Larousse Illustré 2010 Illustré, on y lit:

1- Question à résoudre par des méthodes logiques, rationnelles, dans le domaine scientifique. 4- Difficulté souvent complexe à laquelle on est confronté.

La question se pose. Aujourd’hui, en ce Monde, tout danger réel ou potentiel est considéré comme un problème. Oui, mais alors que fait-on avec un problème ? Pour résoudre un problème, la première étape consiste à l’analyser. Cependant, quand on examine un problème, notre vérification se réduit à étudier quelles sont les solutions pour le régler, les moins dommageables pour nous. Un ensemble de pistes de solutions sont alors analysées et l’on recherche alors la moins coûteuse en hommes et en matériel, et ayant le plus d’impact possible sur l’ennemi et le moins sur nous. Maintenant, sur le terrain et surtout avec la simulation par ordinateur, il est relativement aisé de vérifier si notre résultat attendu est optimal et si des conséquences peuvent en découler. Cela constitue la deuxième étape.

La troisième étape consiste à présenter à nos décideurs les meilleurs plans éprouvés avec l’ensemble des données relatives à chacun. Ces données précisent où, quand, comment et pourquoi, la ou les solutions envisagées ont été choisies. De plus, elles établissent les coûts probables en hommes et en matériel, ainsi qu’un ensemble de conséquences possibles à court, moyen et long terme.

À la quatrième étape, les responsables prennent alors plusieurs décisions. Ils étudient les avantages et désavantages d’aviser ou de consulter les alliés possibles dans telle situation. On essaie alors de donner le moins de renseignements possible, à moins que cet allié soit très sûr. Une fois cette étape franchie, la solution est choisie en collégialité avec nos alliés ou prise seule.

La cinquième étape, vise à établir les préparatifs logistiques selon qu’il s’agisse d’une frappe chirurgicale ou bien d’une intervention armée et musclée. On choisit le nombre d’hommes en cause, les modes de transport de troupes, la sécurité, les armes ainsi que les véhicules à utiliser, etc.

En sixième lieu, on revérifie si tout est prêt, si l’on n’a rien oublié et on sonne le départ.

Puis vient le moment de l’action. Le but de l’attaque peut être de capturer ou tuer, une ou plusieurs personnes visées, ou bien d’occuper un territoire, ou autre raison. Mais le but final réel, est toujours de réduire ou d’exciser un problème.

Finalement, on en vérifie le dénouement et en contrôle les résultats. Cela a-t-il coûté beaucoup plus cher que prévu en hommes et en matériel ? Les cibles ont-elles été atteintes ? Que doit-on ou non prévoir comme conséquences ? Comment s’y préparer, etc.

Toutefois, dans ces genres d’opérations, il y a toujours des imprévus, aussi bien sur le terrain qu’après l’opération, cependant, une chose est sûre, jamais le problème n’est totalement réglé. C’est pourquoi on doit le segmenter et en régler le maximum dans le plus court délai possible.

Regarde en Afghanistan avec les talibans, en Irak avec Daesh ou encore en Syrie ou en Afrique. Dès qu’une cellule est extirpée, une autre apparaît et une autre encore. Tu n’as qu’à constater si quelque chose a changé après la mort de Ben Laden. Toutes les opérations qui pourraient être envisagées ne font que régler temporairement des problèmes circonscrits à une situation ou à un lieu donné, Jamais les problèmes, ou ce qui est considéré comme des problèmes ne peuvent être réglés définitivement.

« Une réponse qui exige la moindre perte de qui que ce soit n’a pas résolu le problème mais lui a ajouté et l’a rendu plus grand, plus dur à résoudre et plus inéquitable. » Le monde, pour résoudre ses problèmes, « voit une résolution comme un état dans lequel est décidé qui gagnera et qui perdra ; combien l’un prendra et combien le perdant peut encore défendre. Or le problème reste encore irrésolu. » (Un cours en miracles page 578).

Un syndrome ou des symptômes.

Dans Le Petit Larousse illustré 2010, on y lit:

1- Méd. Ensemble de signes, de symptômes, de troubles dont les causes sont inconnues ou multiples. 2- Fig. Ensemble de comportements particuliers à un groupe humain ayant subi ou subissant une même situation traumatisante.

En médecine occidentale, on parle de symptômes et le problème demandant une solution est toujours localisé. L’occident a une tendance marquée à régler ses problèmes en vertu de ce principe. Pour l’occident, chaque problème a une solution et chacune de ces solutions peut être utilisée pour différents autres problèmes. Tout d’abord, il est rare que dans un cas, on ne relève qu’un seul symptôme. Dans le domaine médical, une maladie comporte une liste de symptômes reliés. Certains de ces symptômes peuvent être liés à d’autres maladies. Il importe donc de bien les évaluer afin de faire le bon choix. Dans le domaine économique ou politique, ou militaire, c’est la même chose.

En médecine chinoise on parle beaucoup plus de syndromes et de médecine holistique, soit une médecine qui voit le corps et l’esprit comme un tout. Dans cette médecine, il est important de connaître le pourquoi avant de décider du traitement à préconiser.

Pourquoi ?

Dans le cas des talibans, de Daesh ou des autres groupes terroristes, l’on ne cherche jamais les raisons de leurs choix, soit le pourquoi. On les attribue essentiellement à la radicalisation d’une religion ou à la folie. Cependant, le mal est beaucoup plus profond que les apparences semblent le démontrer. Ces groupes ne sont que les syndromes d’un monde totalement déséquilibré. Un monde, où la pauvreté la plus abjecte côtoie la richesse la plus indécente. Un monde, où certains vivent avec moins de $10,00 par jour, alors que certains possèdent, à eux seuls, une richesse équivalente au produit national brut de petits pays. Une terre où les six plus riches possèdent autant que tous les pauvres du monde. Un lieu qui, d’un côté, blâme Dieu ou Allah pour tout ce qui arrive et de l’autre Le prie, crie et hurle après Lui pour nous sauver ou pour détruire l’adversaire. Un monde où la justice correspond à la vengeance. Un monde où l’amour et le don de soi se doivent de s’accomplir, alors qu’ils sont entourés de haine, de peur et de culpabilité. Une humanité qui est en train de se détruire tranquillement, soit économiquement, soit culturellement, soit par son écologie. Un monde, où les Donald Trump ou les Google de ce Monde refusent de payer leur dû aux sociétés dont ils profitent et étranglent les gouvernements qui n’ont plus d’argent pour aider ses concitoyens dans le besoin. Des gouvernements, qui sont obligés d’emprunter, remplissant encore les poches des riches avec les intérêts. Un monde, où les Donald Trump de ce Monde cachent leur argent dans des paradis fiscaux, appauvrissant les états et leur population. Un monde ou les George Bush et les Ben Laden ou les Abdeslam de ce Monde disent faire la guerre au nom de Dieu ou d’Allah, remplissant les poches des vendeurs d’armes de ce Monde. Un endroit, où l’on a fait de l’argent le Dieu dollar, rouble, peso, yen, dinar, etc. Un monde, où le Dieu Argent refuse de se partager lui-même.

Dieu ou Allah responsable ???

Quel est donc ce Monde où l’on prend Dieu ou Allah, ou peu importe son nom, à témoin de sa haine et de sa vengeance. Une planète où ceux qui croient au péché croient que le Ciel est l’enfer et ont peur de l’amour. Une sphère, où l’amour et le pardon sont relégués en bas de la liste des solutions aux problèmes rencontrés, qui eux, relèvent justement d’un manque d’amour, de partage et de pardon.

Quel est donc ce Monde que nous avons créé, où Dieu est vu comme à l’origine des problèmes du monde et comme celui qui peut les résoudre ? Il faudrait savoir. Notre Dieu, peu importe son nom, est-Il aimant, miséricordieux, parfait et immortel, comme le disent les plus grandes religions de ce Monde, ou bien est-Il colérique et vengeur, comme elles le disent également ? S’Il est les deux, alors il est fou, par contre, s’Il est aimant et beaucoup plus encore, alors c’est nous qui avons ces pensées insanes et qui sommes fous. Mais alors, pourquoi ne prenons-nous pas Ses solutions d’amour et de pardon pour régler nos syndromes et nos problèmes ?

Michel Maltais

Auteur, conférencier et coach

Pardon, paix et amour.

Mes livres sont maintenant disponibles dans le menu Mes livres. Le code promo s'applique sur le format papier. Ignorer