Le Reiki (suite)

Présentation

En japonais, Rei veut dire universel et inclut les dimensions de l’âme et de l’esprit, tandis que Ki (Chi ou Qi) renvoie à l’énergie vitale qui circule en nous, telle que la comprennent les médecines orientales, comme la Médecine traditionnelle chinoise. Le Reiki est donc la mise ou la remise en contact de « l’énergie universelle » et de notre propre « force vitale » dans le but d’éveiller un processus dynamique de guérison.

Dans une séance de Reiki, le praticien canalise l’énergie universelle et, à l’aide de symboles et de sons sacrés, la transmet en imposant ses mains sur différentes parties du corps du patient. Les mains n’ont pas à entrer en contact direct avec le corps du patient. La transmission d’énergie peut même se faire à distance. (Voir à ce sujet les Applications thérapeutiques « Aider à diminuer la perception de la douleur » et « Diminuer le stress et les symptômes dépressifs ».) L’énergie universelle posséderait par ailleurs son « intelligence propre », ce qui lui permettrait à la fois de se diriger exactement là où le patient en a besoin, et de ne causer aucun effet secondaire indésirable. L’énergie personnelle du praticien est censée ne jamais intervenir dans le processus.

Une des caractéristiques du Reiki est que n’importe qui pourrait devenir praticien facilement et rapidement. Une ou deux fins de semaine suffiraient, et on pourrait aussitôt commencer à se traiter soi-même ou à traiter les gens de son entourage.

Le Reiki appartient aux approches dites énergétiques, dans lesquelles le praticien intervient sur le champ vibratoire de la personne. Cette habileté est habituellement associée à des techniques de méditation ou à des disciplines de pratique spirituelle comme il en a existé, sous une forme ou une autre, dans la majorité des cultures à travers l’histoire. Mais le Reiki se distingue de ces pratiques traditionnelles puisqu’il est dépouillé de toute attache religieuse et qu’il ne demande pas de cheminement spirituel particulier.

Légendes et faits historiques

C’est un Japonais du nom de Mikao Usui (1865 à 1926) qui a formulé les bases de ce qui allait devenir le Reiki dans le Japon du début du XXe siècle. On a longtemps cru que Mikao Usui était un théologien chrétien qui enseignait à l’université. Sa quête aurait commencé après que ses étudiants lui eurent demandé qu’elle était, exactement, la technique de guérison à laquelle avait eu recours Jésus-Christ pour faire les miracles que rapportent les Évangiles.

Toutefois, dans une synthèse d’études publiée en 2003 dans la revue Alternative Therapies in Health and Medicine1, on explique plutôt qu’Usui a d’abord été envoyé très jeune dans un monastère bouddhiste, puis qu’il a étudié les arts martiaux. Il aurait aussi côtoyé un érudit japonais converti au christianisme, mais n’aurait jamais été lui-même diplômé en théologie. La référence au christianisme aurait été introduite par Hawayo Takata, qui a été la première à faire connaître le Reiki en Occident. Elle aurait crée cette « distorsion » pour rendre l’approche plus acceptable aux Occidentaux.

Au Japon, l’enseignement de Mikao Usui a été formalisé par un de ses étudiants, Chujiro Hayashi. Celui-ci aurait reçu d’Usui l’autorisation de mettre l’accent sur les aspects thérapeutiques du Reiki en les isolant de l’ascèse et de la pratique spirituelle. Mais selon plusieurs chercheurs modernes, Hayashi aurait outrepassé ses pouvoirs en enseignant le Reiki, qu’il aurait d’ailleurs légèrement transformé. Usui aurait plutôt confié sa succession à Jusaburo Ushida qui, à la mort du maître, devint le président de l’organisation qu’Usui avait fondée, la Usui Reiki Ryoho Gakkai. Cette organisation est aujourd’hui encore active au Japon.

Ce qui est certain, c’est qu’en 1937, le Reiki est introduit en Occident, à Hawaii, par Hawayo Takata, qui était passée par la clinique qu’Hayashi avait ouverte à Tokyo. Elle s’est fait soigner pour des problèmes respiratoires et abdominaux. Enchantée des résultats, elle a étudié auprès du maître, puis de retour à Hawaii, elle y a ouvert sa propre clinique.

Hawayo Takata est morte en 1980, après avoir formé 22 maîtres de Reiki en Amérique du Nord. C’est à ce moment que la technique s’est répandue dans la majorité des pays occidentaux. Certains de ces maîtres ont fondé leurs propres lignées et leurs propres associations en y ajoutant leurs couleurs et leurs principes.

Depuis quelques années, d’autres formes de Reiki issues directement des enseignements japonais de Ushida ou de Hayashi, sans passer par Takata, ont vu le jour en Occident. On retrouve donc aujourd’hui deux branches principales en Reiki, l’une occidentale, provenant de Takata, et l’autre directement japonaise.

À l’intérieur de ces deux grands courants, coexistent d’innombrables écoles de pensée. Certaines prétendent respecter la plus pure tradition ésotérique, d’autres prônent une plus grande ouverture. D’ailleurs, depuis que les symboles « secrets » ont été révélés pour la première fois dans un livre en 1992, plusieurs praticiens considèrent que l’aspect ésotérique du Reiki n’a plus sa place — et n’aurait de toutes façons pas été souhaité par Usui.

Le débat semble loin d’être terminé. Pour plus de détails sur l’histoire de Reiki, et pour prendre connaissance des symboles, voir les Sites d’intérêt.

Pratique spirituelle ou médicale?

Selon certaines allégations, le Reiki serait une vieille technique traditionnelle que Mikao Usui aurait redécouverte lors d’un satori, une expérience d’illumination philosophico-mystique du bouddhisme zen. On retrouve en effet des traces d’approches de guérison par l’imposition des mains dans la tradition des tantras du bouddhisme tibétain, ainsi que dans les védas de l’Hindouisme qui l’a précédé.

Par contre, rien de tel dans les systèmes médicaux dont ils sont issus, qu’ils soient tibétains ou ayurvédiques. De fait, Usui n’était pas un médecin, mais un mystique qui s’adonnait à une ascèse spirituelle rigoureuse. D’après ce que l’on sait des pratiques philosophico-mystiques bouddhistes et védiques, la guérison par l’imposition des mains et divers autres phénomènes auraient résulté du travail spirituel de l’adepte. Ils constituaient des « effets secondaires désirables », mais n’étaient pas considérés comme une fin en soi, et il était conseillé aux adeptes de montrer un certain détachement à leur endroit.

Usui et ses successeurs auraient donc ouvert la porte à deux transformations majeures dans le monde du mysticisme et dans le domaine médical :

Tout en conservant l’aspect mystique des initiations, des rituels et des symboles secrets, ils ont retiré de l’approche toute exigence de démarche spirituelle personnelle.

Ils ont introduit le mysticisme dans la pratique médicale : la guérison provenant d’interventions « énergétiques » et la formation ne consistant pas en un enseignement de type technique, mais en une série d’initiations ritualisées transmises de maître à disciple.

Explications scientifiques

Les concepts se trouvant à la base des thérapies énergétiques telles que le Reiki ont des points communs théoriques avec divers modèles proposés en physique moderne1. Bien sûr, aucun de ces modèles n’a été expérimentalement lié à la médecine ou à des résultats cliniques. Les modèles proposés en bioélectromagnétisme, en physique quantique ou selon la théorie des supercordes, par exemple, sont cohérents avec les écrits orientaux. Ceux-ci laissent entendre qu’une vibration extrêmement subtile pourrait constituer le substrat de la réalité telle que nous la connaissons et qu’elle pourrait, par conséquent, avoir un rôle à jouer dans la santé et la maladie.

Bien que ce domaine de recherche soit encore tout nouveau, ces liens donnent à penser que les bases théoriques du Reiki et des autres thérapies énergétiques pourraient ne pas être en contradiction avec les modèles scientifiques actuels.

Une approche ésotérique

Comme c’est souvent le cas dans le domaine des pratiques philosophico-mystiques, on associe aux initiations transmises dans le cadre des formations de Reiki une certaine notion de « secret », une notion peu familière dans nos sociétés occidentales modernes. Ainsi, certains ont pu être étonnés qu’on publie des livres révélant les symboles prétendument secrets réservés à l’usage exclusif des initiés. On peut se demander s’il est possible de s’initier à la pratique du Reiki à l’aide d’un livre ou si l’initiation transmise par un maître est vraiment nécessaire. Le débat est ouvert. À l’époque d’Hippocrate, les Grecs de l’Antiquité ont connu des différends de cet ordre. C’est d’ailleurs à ce moment que la philosophie et la médecine, qui étaient jusqu’alors soudées, ont pris des voies différentes…

Applications thérapeutiques

Contribuer à la réadaptation à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Un essai clinique randomisé publié en 2002 a évalué l’efficacité du Reiki comme ajout au protocole de réadaptation chez des patients hospitalisés ayant subi un accident vasculaire cérébral. Cinquante participants ont été répartis en quatre groupes : séances de Reiki avec un maître, séances de Reiki avec un praticien, séances de Reiki simulées ou encore aucune intervention. Les participants ont reçu, sur une période de deux semaines et demie, de six à dix traitements de 30 minutes chacun. Les résultats ont indiqué que le Reiki aurait un effet limité et sélectif sur l’humeur et le degré d’énergie. Par contre il n’aurait pas d’impact significatif sur l’indépendance fonctionnelle dans des activités quotidiennes comme manger, se vêtir, se déplacer, etc., ni sur la dépression.

Aider à diminuer la perception de la douleur. Une étude randomisée réalisée en chassé-croisé a examiné l’effet du Reiki combiné à la thérapie LeShan (une technique similaire de guérison) sur la douleur suivant l’extraction de dents de sagesse3. Vingt et un participants ont subi l’extraction de deux dents à au moins deux semaines d’intervalle. Jusqu’à neuf heures à la suite des interventions, ils ont reçu de façon aléatoire, pour une dent, un traitement Reiki-LeShan à distance, et pour l’autre dent aucune intervention. L’intervention a été réalisée à distance par deux praticiens à partir de photographies. La médication analgésique habituelle était toujours permise. Les résultats ont affiché une diminution significative de la douleur pour le groupe Reiki-LeShan par rapport au groupe contrôle, et ce, de la quatrième à la neuvième heure après la chirurgie.

Dans une étude pilote sans groupe contrôle, des chercheurs ont évalué l’utilité de l’ajout du Reiki aux analgésiques opioïdes pour gérer la douleur chronique4. Vingt volontaires ont reçu 75 minutes de Reiki dans une salle avec éclairage tamisé et musique douce. Les résultats indiquent une diminution significative de la douleur suivant cette séance. Cependant, l’absence de groupe contrôle, le petit nombre de participants et l’impact potentiel de la musique limitent la portée des résultats.

Améliorer la qualité de vie des diabétiques de type 2. Lors d’un récent essai clinique randomisé, 93 participants ont reçu des séances de Reiki véritable, 88 des séances « mimées » par des acteurs, et 26 uniquement les soins habituels5. Les participants ont reçu deux séances la première semaine, puis une séance par semaine pendant 11 autres semaines. Les séances duraient 25 minutes. La médication habituelle était permise. Selon les résultats, on a noté une diminution de la douleur et une amélioration de la distance de marche, autant pour le groupe Reiki réel que le groupe Reiki mimé. Toutefois, ces différences n’étaient presque pas plus grandes que pour le groupe contrôle. Les auteurs avancent que les effets observés résulteraient davantage de la relation participant-praticien que du Reiki lui-même.

Aider à diminuer les problèmes de mémoire et de comportement. Une étude randomisée publiée en 2006 a exploré l’efficacité du Reiki pour améliorer la mémoire et limiter les problèmes de comportement chez 24 patients présentant soit des atteintes cognitives légères, soit un début de maladie d’Alzheimer. Les participants ont été répartis en deux groupes. Ceux du groupe Reiki ont reçu 30 minutes de Reiki une fois par semaine pendant quatre semaines. Ceux du groupe contrôle n’ont reçu aucun traitement. Les résultats affichent une amélioration significative de la fonction mentale ainsi qu’une diminution des problèmes de mémoire et de comportement chez les participants du groupe Reiki. Mais ces résultats doivent être considérés comme préliminaires en raison de l’absence d’un groupe placebo (Reiki mimé par exemple) et du petit nombre de participants.

Améliorer la qualité de vie des gens atteints de cancer. Une récente étude pilote réalisée en chassé-croisé a évalué l’effet du Reiki sur la fatigue, la douleur, l’anxiété et la qualité de vie de 16 personnes souffrant de cancer. Les participants ont expérimenté en alternance, soit sept séances de Reiki de 45 minutes réparties sur deux semaines, soit des périodes de repos similaires. À la suite des séances de Reiki, la fatigue, la douleur et l’anxiété ont diminué, et la qualité de vie s’est améliorée comparativement aux séances de repos. Toutefois, le peu de participants et l’absence de groupe placebo limite la portée des conclusions.

Une autre étude randomisée a étudié l’effet du Reiki chez 24 patients atteints de cancer avancé8. Ils ont reçu deux séances de Reiki d’une heure et demie, à deux jours d’intervalle, ou ils se sont reposés le temps équivalent. Tous les participants pouvaient continuer de gérer leur douleur avec des opioïdes. Les résultats indiquent une diminution de la douleur et une amélioration de la qualité de vie pour le groupe Reiki, mais aucune différence dans la consommation d’analgésiques. Ces résultats tendent à inciter l’emploi d’une combinaison Reiki et opioïdes pour gérer la douleur en cas de cancers avancés. Cependant, dans le groupe repos, les participants n’ont bénéficié d’aucun contact physique semblable à ceux du groupe Reiki. Il est donc difficile de savoir quelle part des résultats peut être attribuable spécifiquement au Reiki ou aux contacts interpersonnels.

Diminuer le stress et les symptômes dépressifs. Le Reiki est utilisé par certains praticiens pour réduire l’anxiété au moment d’opérations chirurgicales ou dans des maisons de santé ou de retraite, par exemple. On a aussi rapporté qu’il pouvait contribuer à réduire le stress et les périodes de déprime chez les personnes âgées1. Un seul essai randomisé a évalué l’efficacité du Reiki contre le stress et les symptômes dépressifs9. Le Reiki avec contact et le Reiki à distance ont été comparés à un placebo du Reiki à distance. Ainsi, 46 patients ont reçu six séances (une heure à une heure et demie par semaine) de l’une des trois interventions. D’après les résultats obtenus, une diminution significative des symptômes de dépression et du stress perçue chez les sujets a été enregistrée par les deux groupes de Reiki (à distance ou avec contact) comparativement aux sujets du groupe placebo. De plus, les effets bénéfiques se sont maintenus un an après la fin des traitements. Ces résultats préliminaires laissent présager la possibilité d’un effet à long terme du Reiki sur la détresse psychologique.

Section Applications thérapeutiques
Recherche et rédaction : Estelle Vallée, MSc, Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d’une approche intégrée en prévention, Université Laval.
Révision scientifique : Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d’une approche intégrée en prévention, Université Laval.
(septembre 2007)

En pratique

De façon générale, un traitement de Reiki se déroule comme suit. L’intervenant demandera à son patient, qui demeure vêtu, de s’étendre sur une table de massage, d’abord sur le dos, puis sur le ventre. Ayant recours à 12 positions différentes des mains, il les place d’abord avec douceur sur la tête du patient pendant deux à cinq minutes, pour les déplacer ensuite sur le torse, puis sur le dos. Quand il y a contact, la pression des mains du thérapeute est toujours très légère. La plupart des patients signalent que l’impression ressentie au moment de l’application des mains pourrait être comparable à la sensation que causerait la présence d’une bouillotte d’eau chaude.

Une séance typique dure de 45 à 75 minutes, quoiqu’on puisse intervenir occasionnellement sur une période plus courte. On dit que le traitement peut également se faire à distance, l’intervenant procédant en visualisant son patient, et ce dernier se plaçant lui-même en état de réceptivité.

Au cours de la séance, le patient atteint généralement un état de grande détente. À l’issue du traitement, il pourra s’être senti emporté dans un sommeil profond ou, au contraire, avoir expérimenté des sensations inhabituelles comme des impressions visuelles colorées ou l’évocation de vies passées. On estime que, pour les maladies chroniques, il faut au moins quatre séances complètes pour ressentir les bienfaits du Reiki.

Nulle part dans le monde, le Reiki n’est une profession réglementée. Diverses organisations ont tenté de structurer davantage la formation, mais sans grand succès. Il est donc difficile, comme client, de savoir à qui l’on a affaire, et le meilleur moyen est le bouche-à-oreille et l’exercice de son jugement personnel lorsque l’on rencontre un praticien. Ne pas hésiter à lui demander des références, à quelle tradition il s’identifie, quelle est son expérience clinique, combien de temps a duré sa formation. Il faut se méfier s’il promet la lune ou s’il dénigre les autres approches, qu’elles soient classiques ou alternatives.

Quelques organisations maintiennent des registres des personnes initiées, des praticiens et des enseignants de Reiki. Signalons notamment l’International Association of Reiki Professionals et la Canadian Reiki Association (voir les Sites d’intérêt). Toutefois, comme il n’existe aucune réglementation officielle permettant d’encadrer une quelconque certification, l’existence de tels registres n’a qu’une valeur relative. Ils permettent cependant de savoir qui, dans une région donnée, pratique ou enseigne le Reiki.

Formation

Il existe trois niveaux d’apprentissage de la pratique du Reiki. L’enseignement, qui comporte des initiations ritualisées (voir Articles d’intérêt), est normalement transmis par un maître ayant lui-même reçu les initiations suivant une chaîne remontant à Mikao Usui, le fondateur.

L’élément primordial du premier niveau est « l’ouverture du canal ». Dès lors, la connexion avec la « conscience primordiale » deviendrait accessible en tout temps et pour toujours. L’étudiant apprend aussi à se concentrer sur l’énergie qu’il canalise désormais et sur les déséquilibres qui se manifestent dans son propre organisme (sur les plans physique, émotionnel, intellectuel et spirituel). Il commence par se soigner lui-même avant de soigner les autres. L’enseignement de ce premier niveau est souvent donné dans le cadre d’un atelier de fin de semaine. On recommande généralement de pratiquer pendant au moins trois mois avant de passer au niveau suivant.

Au deuxième niveau, l’étudiant apprend à manipuler trois sons et trois symboles précis afin d’accéder mentalement à l’énergie Reiki et de l’utiliser à des fins spécifiques (guérison, harmonisation, travail à distance, etc.).

Le troisième niveau, appelé niveau Maître, s’adresse à ceux qui souhaitent enseigner cette technique et transmettre les initiations. Il n’est pas nécessaire pour un praticien d’avoir complété ce niveau puisque cette étape ne vise pas à améliorer sa capacité à guérir. Nombreux sont donc les praticiens à ne pas le faire.

Le coût des initiations est très variable. Certaines écoles affirment que le prix doit être élevé, ce qui serait garant du sérieux et de la motivation sincère des candidats. D’autres souhaitent que le Reiki soit accessible au plus grand nombre et demandent des tarifs bien inférieurs, de l’ordre de quelques centaines de dollars. On peut aussi être initié à distance par l’intermédiaire de sites Web ou de DVD (voir Livres, etc.); des pratiques qui suscitent bien sûr la controverse.

Ceux qui souhaitent se faire initier devraient d’abord définir ce qu’ils recherchent principalement : une initiation simple et rapide pour expérimenter le Reiki sur soi et ses proches ou une démarche approfondie, incluant un travail intérieur et un « engagement » envers le Reiki? Cela déterminera en grande partie l‘école de pensée et le « maître » choisis.

Livres, etc.

Brown F. L’Esprit du Reiki, l’enseignement de Hawayo Takata. Recto-Verseau, Suisse, 1993.
L’une des 22 élèves de Hawayo Takata, l’auteure présente ici l’essentiel de l’enseignement de son maître.

Courchesne A. Énergie Reiki, symboles et secrets dévoilés. Liberté nouvelle, Canada, 1998.
L’auteur se présente comme hypnothérapeute, homéopathe, praticien de diverses techniques des médecines douces et maître de Reiki. Par l’intermédiaire de son manuel, qui présente les sons et les symboles « secrets », on pourrait recevoir à distance les initiations de Reiki.

Fis AM. Reiki, la présence juste, une thérapie énergétique spirituelle. Recto-Verseau, Suisse, 2000.
Ici, on met l’accent sur la dimension résolument spirituelle et mystique de cette approche et sur le fait que le praticien est avant tout un initié.

Lübeck Walter, Petter Frank Arjava, Rand William Lee. La quintessence du reiki, Niando et Felix, France, 2002.
Écrit par trois maîtres réputés internationalement ayant chacun leur vision du Reiki, ce livre présente les interprétations modernes des méthodes de guérison de Mikao Usui. Il expose l’évolution du Reiki tant au Japon qu’en Occident. Il contient aussi le manuel original de Reiki de Hayashi, par qui la technique s’est répandue en Occident.

Mary Ronald. Le Reiki aujourd’hui : De l’origine aux pratiques actuelles, Le Souffle D’or, France, 2005.
L’auteur présente le Reiki traditionnel, de l’histoire aux initiations en passant par la relation maître-élève et les rapports à la spiritualité et à la science. Il présente aussi une trentaine d’approches de Reiki pratiquées aujourd’hui.

Murray Steve. Reiki False Beliefs Exposed for All Misinformation Kept Secret by a Few Revealed, Body & Mind Productions, États-Unis, 2006.
Un des nombreux best-seller controversés écrits par un maître qui procède à des initiations à distance (par l’intermédiaire de DVD), qui révèle les symboles secrets et qui prétend rendre le Reiki accessible au plus grand nombre.

Vichery J. Reiki, rituels et symboles, tous les degrés. Éditions Trajectoire, France 1999.
Bien qu’il révèle les rituels et symboles du Reiki, l’auteur insiste ici sur la nécessité des « initiations traditionnelles » et introduit un quatrième niveau d’enseignement clairement apparenté aux enseignements bouddhistes et védiques concernant le « canal énergétique central », « l’Ouroboros » (ou « Kundalini ») et le feu « Tumo ».

Sites d’intérêt

Reiki Québec, c’est là où l’auteur du site a suivi sa formation de maître Reiki.

Canadian Reiki Association
Le site de l’association est surtout destiné aux membres. Il comporte toutefois certains renseignements de base et un registre des praticiens et enseignants de toutes les provinces canadiennes.
www.reiki.ca

International Association of Reiki Professionals
Site d’une association internationale de praticiens qui offre des renseignements sur le Reiki ainsi qu’un registre des praticiens et enseignants du monde entier.
http://iarp.org

International Center for Reiki Training
Beaucoup de données riches et variées. La FAQ est particulièrement intéressante.
http://www.reiki.org

James Deacon’s Reiki Pages
Deacon tente depuis plusieurs années d’aller aux sources du Reiki et de l’histoire d’Usui. Il présente les symboles « secrets » et en traite en profondeur.
http://www.aetw.org

Reiki Dharma
Le site de Frank Arjava Petter qui a été un des premiers à essayer de retrouver l’histoire « véritable » d’Usui et du Reiki.

Reiki Dojo
Entre autres, l’histoire « moderne » du Reiki, bien documentée et présentée avec discernement et sobriété (dans Articles sur le Reiki). On y présente aussi les symboles « secrets ». En français.
http://www.reiki-dojo.com

Reiki-Evolution
Un site britannique qui propose de l’information étonnante sur l’histoire du Reiki, ainsi que les symboles « secrets ».
http://www.reiki-evolution.co.uk

The Reiki Page
Toutes sortes de renseignements pratiques, mais surtout une liste de praticiens à travers le monde (cliquer sur (Known) Practitioners on the Internet).
http://reiki.7gen.com

Usui Reiki Do
En français, une histoire du Reiki et des traditions japonaises et occidentales.
http://www.usuireikido.com

Des dizaines d’autres sites Web font la promotion de telle ou telle forme de Reiki. Beaucoup prétendent détenir la véritable tradition ou présenter le Reiki moderne et renouvelé. Facile d’y perdre son latin…

Recherche et rédaction : Pierre Lefrançois et Léon René de Cotret
Fiche mise à jour : septembre 2007

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

Alternative Medicine Foundation. [Consulté le 14 septembre 2007]. www.amfoundation.org
Ernst E (Ed). The Desktop Guide to Complementary and Alternative Medicine : an evidence-based approach, Harcourt Publishers, Angleterre, 2001.
Miles P, True G. Reiki–review of a biofield therapy history, theory, practice, and research.Altern Ther Health Med. 2003 Mar-Apr;9(2):62-72.
Natural Standard (Ed). Reiki, Nature Medicine Quality Standards. [Consulté le 14 septembre 2007]. http://www.naturalstandard.com
Novey Donald W. (Dir). Clinician’s Complete Reference to Complementary & Alternative Medicine, Mosby, États-Unis, 2000.
PubMed – National Library of Medicine. www.ncbi.nlm.nih.gov
René de Cotret Léon. Qui dit Reiki ?, Guide Ressources, Canada, 1994.

Notes

1. Miles P, True G. Reiki–review of a biofield therapy history, theory, practice, and research.Altern Ther Health Med. 2003 Mar-Apr;9(2):62-72.
2. Shiflett SC, Nayak S, et al. Effect of reiki treatments on functional recovery in patients in poststroke rehabilitation: a pilot study. J Altern Complement Med. 2002;8(6):755-63.
3. Wirth DP, Brenlan DR, et al. The effect of complementary healing therapy on postoperative pain after surgical removal of impacted third molar teeth. Complementary Therapies in Medicine. 1993;1:133-138.
4. Olson K, Hanson J. Using Reiki to manage pain: a preliminary report. Cancer Prev Control. 1997;1(2):108-13.
5. Gillespie EA, Gillespie BW, Stevens MJ. Painful diabetic neuropathy: impact of an alternative approach. Diabetes Care. 2007;30(4):999-1001.
6. Crawford SE, Leaver VW, Mahoney SD. Using Reiki to decrease memory and behavior problems in mild cognitive impairment and mild Alzheimer’s disease. J Altern Complement Med. 2006;12(9):911-3.
7. Tsang KL, Carlson LE, Olson K. Pilot crossover trial of Reiki versus rest for treating cancer-related fatigue. Integr Cancer Ther. 2007;6(1):25-35.
8. Olson K, Hanson J, Michaud M. A phase II trial of Reiki for the management of pain in advanced cancer patients. J Pain Symptom Manage. 2003;26(5):990-7.
9. Shore AG. Long-term effects of energetic healing on symptoms of psychological depression and self-perceived stress. Altern Ther Health Med. 2004;10(3):42-8.

Qui dit Reiki?

par Léon René de Cotret

Les reikistes prolifèrent et les écoles se contestent: la technique de guérison «millénaire» est en pleine crise d’adolescence!

Tout ce qui brille n’est pas or et le Reiki brille beaucoup: la guérison par l’imposition des mains à la portée de chacun, un art sacré et ésotérique redevenu accessible, la faculté de se rééquilibrer grâce à la force de vie universelle, la canalisation de l’énergie d’amour, l’harmonie de son être, l’union à la Source…

J’ai un préjugé favorable envers la guérison énergétique, car je connais les effets bénéfiques de plusieurs approches, mais je garde l’esprit critique. Dès la première entrevue, on m’assure que le Reiki permet de recouvrer santé et bien-être. Cette technique serait libre, simple, puissante et compatible avec tout autre traitement. De plus, elle agirait autant sur les humains que sur les plantes, les animaux et même les situations. On me parle de guérison de migraines, d’ulcères, d’arthrite et de maladies cutanées mais aussi de cancers, du sida ou de la sclérose en plaques. Rien de moins.

Un traitement Reiki utilise l’imposition des mains sur différentes parties du corps pour canaliser et transmettre l’«énergie universelle» sensée ramener équilibre et harmonie chez la personne traitée. Le contact physique direct n’est pas nécessaire et le port de vêtements n’entrave pas le passage de l’énergie. On peut même utiliser le Reiki pour traiter à distance en visualisant le corps de la personne à traiter, à condition que celle-ci ait été prévenue du moment du traitement. Le Reiki aide et accélère le «processus de guérison naturel», peu importe la maladie. En fait, le Reiki serait surtout destiné à l’autoguérison et il vaudrait mieux recevoir la première initiation et pouvoir ensuite se traiter soi-même pour toujours que de recevoir une série de traitements ponctuels. Dans le même ordre d’idée, on suggère qu’il y ait un initié Reiki par famille.

Après quelques lectures, je décide de plonger et je m’engage dans le premier niveau. Il y a trois niveaux d’initiation Reiki. Les deux premiers sont simplement nommés 1 et 2 alors que le troisième est souvent appelé niveau maître. On distingue toutefois deux types de maîtres: les thérapeutes (parfois appelés de niveau 3) et les enseignants (parfois appelés de niveau 4). Seuls ces derniers peuvent initier d’autres maîtres. La première initiation est censée ouvrir un canal spécifique situé au sommet de la tête, destiné à capter l’énergie, et deux autres canaux, un dans chaque main, pour transmettre cette énergie. Généralement, l’initiation se fait en groupes de 5 à 15 personnes.

Voilà, mon canal est ouvert

Le maître Pierre Verot me rappelle que le mot Reiki vient de rei pour universel, illimité, uni, et ki pour l’énergie vitale présente chez tous les vivants. Reiki, c’est l’énergie universelle. Il m’explique aussi que Mikao Usui, qui a redécouvert le Reiki vers 1850, a trouvé d’anciens symboles sacrés et secrets «très puissants» et que ces symboles seront utilisés pour mon initiation. Si je poursuis au niveau 2, trois de ces symboles me seront révélés. Il y en aurait six en tout.

Après une période de détente et d’intériorisation, me voilà assis sur une chaise, yeux clos. L’atmosphère est calme et empreinte de solennité. Je suis invité à joindre les mains à la hauteur de mon abdomen, plus tard je les placerai sur mes genoux, paumes vers le haut. Mon initiateur se trouve derrière moi, une main sur ma tête, et je sens que, de l’autre, il fait divers gestes. Il fera d’ailleurs ces gestes, que j’imagine rituels, pendant tout le processus. Il se déplace pour venir devant moi, souffle dans mes mains jointes puis sur ma tête et enfin donne une légère claque sur chacune de mes mains posées sur mes genoux. Le scénario se répète à quatre reprises. Et me voilà initié pour la vie. Mon «canal Reiki» sera toujours disponible, même si je décide de ne pas l’utiliser pendant plusieurs années. Le tout a duré moins d’une demi-heure. Suis-je plus «canal» qu’avant?

Pendant les jours suivants, j’impose assidûment les mains sur mes chakras. Il me semble constater une différence subtile dans ma vie. Je me «centre» plus facilement et l’imposition des mains me calme et m’énergise à la fois. Mais on sait que le simple fait de prendre soin de soi et de s’intérioriser pendant 30 minutes chaque jour ne peut être que bénéfique. Quelle part de l’amélioration de mon bien-être est due au Reiki?

En avant pour le deuxième niveau

Quelques semaines plus tard, je rencontre de nouveau Pierre Verot. Il me révèle les trois symboles, puis procède à une nouvelle initiation, semblable à la première. Le premier symbole me fait penser à un idéogramme chinois. Je suis invité à l’apprendre en le dessinant, en le visualisant et en prononçant son nom. Je m’exécute. Aussitôt, je suis comme frappé par la foudre, mais en douceur. Mystère… Je ressens une grande paix, mais, en même temps, j’ai l’impression qu’il y a de la puissance dans le simple fait que chaque chose soit à sa place, en ce moment même, dans cet appartement ordinaire. Un sentiment similaire à celui que procure le «happy end» d’un film américain ou l’instant magique où toutes les pièces d’un cube Rubik tombent enfin en place.

Pendant ce temps, Pierre corrige mes dessins comme si de rien n’était. J’appelle mon esprit critique à la rescousse; peut-être que je désire inconsciemment des résultats spectaculaires ou que je me laisse enthousiasmer par la «révélation» de symboles secrets immémoriaux. Poursuivons avec calme et vigilance.

Deuxième, puis troisième symbole. Leur forme est un peu plus complexe que celle du premier. Je les dessine de mon mieux, les visualise et dis leurs noms. La lumière viendrait-elle de changer de couleur dans la pièce? Re-foudre, en douceur. J’ai l’impression de comprendre ce qu’essayaient d’exprimer les maîtres que j’ai interviewés depuis le début de mes recherches. Ces gens aiment profondément le Reiki et le décrivent comme un art magnifique, sacré, animé par l’amour universel. Ils lui sont fidèles et le respectent sans le moindre dogmatisme. La plupart ne peuvent m’expliquer comment il fonctionne, mais me racontent les résultats superbes et souvent inattendus qu’ils obtiennent. Ils disent que le Reiki doit rester à la fois pur et libre, qu’il possède une base très rigoureuse, mais que chacun doit l’utiliser selon sa propre intuition. J’avais cru bien saisir tout cela. Soudain, je l’expérimente.

Maintenant que je possède les trois symboles, la seconde initiation se déroule comme la première mais j’y suis plus abandonné et je cherche moins à analyser ce qui m’arrive. Je suis fort surpris et bien content de l’être.

Je ne peux pas vraiment juger des effets guérisseurs des symboles Reiki car je ne les utilise que depuis peu de temps. Je me suis surtout servi du premier, et il semble avoir contribué à éliminer mes maux de tête et à soulager les douleurs dans le dos d’une personne que j’ai traitée. Chaque fois que je visualise le symbole, je suis encore étonné par la «centration», la clarté et l’énergie qu’il m’apporte.

Avec les médecines énergétiques, il est évidemment très difficile d’effectuer des tests cliniques spécifiques, d’autant plus que l’un des préceptes du Reiki veut que l’énergie universelle possède sa propre intelligence et se dirige là où le patient en a besoin, et pas nécessairement là où le patient veut l’orienter. De plus, on imagine facilement que la Corporation des médecins ne soit pas particulièrement encline à «perdre son temps» à vérifier la validité de ce genre de traitement. Pourtant, les livres sur le Reiki rapportent de nombreux témoignages de guérisons, parfois quasi miraculeuses.

Qui possède le «véritable enseignement original»?

C’est sa popularité grandissante et son introduction récente en Amérique qui pourraient expliquer la crise d’adolescence que traverse actuellement le Reiki. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que Hawayo Takata, alors détentrice de la tradition Reiki et seul maître en Amérique, a consenti à former d’autres maîtres, 22 en tout. Depuis, le Reiki est devenu une thérapie à la mode, comme le montre le nombre d’annonces publiées depuis quelque temps dans le Guide Ressources.

Depuis la mort de Takata en 1980, comme cela se produit souvent à la disparition d’un maître, surtout lorsque l’enseignement est oral, plusieurs disciples prétendent chacun de son côté préserver et transmettre le «véritable enseignement original» ou encore avoir reçu du maître des instructions et des initiations «privilégiées». Ainsi le Reiki a-t-il vu naître diverses associations et surgir plusieurs maîtres n’appartenant à aucune association, dont certains prétendent même avoir été initiés directement par une voie intérieure sans recourir à un maître! Le nom Reiki n’est pas protégé et n’importe qui peut se prétendre maître Reiki demain matin et entreprendre sa pratique. Vive l’adolescence!

Les deux principales associations de Reiki ont été fondées par deux des 22 élèves de Mme Takata: la Reiki Alliance (RA) par Phylis Furomoto, la petite-fille de Mme Takata, et la American International Reiki Association (AIRA) par Barbara Weber Ray, une universitaire américaine.

L’Alliance propose une approche spirituelle et traditionnelle du Reiki. L’AIRA se veut plus pragmatique: elle gère un centre de documentation et utilise volontiers les techniques modernes de publicité. Elle a même introduit de nouveaux niveaux d’initiation auxquels seule Barbara Ray aurait eu accès, ce que conteste bien sûr Phylis Furomoto. Puisque le mot Reiki peut être employé par qui le désire, l’AIRA a déposé plusieurs expressions comme Real Reiki, The Radiance Technique et The Official Reiki Program pour se distinguer de ce qu’elle appelle les «autres choses nommées Reiki».

Au Québec où l’AIRA est peu présente, on trouve plusieurs maîtres liés à l’Alliance, de nombreux «indépendants» et de plus en plus de maîtres issus d’une nouvelle association, la American Reiki Master Association (ARMA). L’ARMA propose une approche fort différente de celle des deux autres groupements. Son fondateur, l’Américain Arthur Robertson, a été initié par Mme Iris Ishikuro, un des 22 maîtres originaux. Celle-ci considérait comme trop élevés les prix fixés par Mme Takata: 150 dollars et 500 dollars pour les deux premiers niveaux et 10.000 dollars pour devenir maître.

M. Robertson m’a affirmé que, avant de l’initier, Mme Ishikuro lui a fait promettre de ne pas demander plus de 150 dollars, 300 dollars et 1000 dollars respectivement. L’ARMA offre de plus la possibilité d’être initié aux deux premiers niveaux en une seule fin de semaine alors que l’Alliance, elle, prétend qu’il faut au moins trois mois d’intégration et de pratique après le premier niveau avant d’avoir accès au deuxième.

La pyramide Reiki

Avec l’ARMA, le Reiki est certes devenu accessible à beaucoup plus de gens. Mais on assiste aussi à une prolifération de maîtres Reiki, prêts à former d’autres maîtres dans une structure quasi pyramidale. Cette tendance inquiète vivement les tenants d’un Reiki plus traditionnel.

Joyce Morris, qui a fondé le Reiki Center de Los Angeles, a étudié avec Barbara Ray et a été membre de l’AIRA. Elle fait désormais partie de la Reiki Alliance et s’oppose à la nouvelle approche libérale du Reiki. Elle prétend qu’il faut respecter la lignée des maîtres qui passe par Mme Takata et remonte à Mikao Usui. Elle croit que l’art du Reiki s’est perdu il y a très longtemps pour avoir été utilisé sans la sagesse et le discernement suffisants. Il n’a été redécouvert qu’au milieu du XIXe siècle, et elle espère qu’il ne disparaîtra pas de nouveau par manque de sagesse.

Même opinion chez les autres membres de l’Alliance. Jalad, un maître de Montréal, me met en garde contre la spiritualité «à sensations». Il est catégorique: on ne devient pas un véritable maître Reiki en six mois. «Au McDonald’s, vous allez manger, être repu et vous n’allez pas tomber malade; c’est bien, mais ce n’est pas de la gastronomie, ça n’offre qu’une petite partie de ce que peut être le plaisir de bien se nourrir. Il en va de même du Reiki sans l’intégration et la transformation personnelle. Cela ne risque pas de faire de tort, mais n’offre pas toute la force du «vrai» Reiki.»

Carrell Farmer de Winnipeg a été initiée par Phylis Furomoto, la fondatrice de l’Alliance. Elle est maître depuis 13 ans, ce qui en fait une des doyennes au Canada. L’état actuel du Reiki l’attriste, même si elle dit respecter les autres tendances. «Le Reiki est une expérience spirituelle sacrée et ne devrait jamais être réduit à quoi que ce soit de moindre. Le Reiki n’est pas une technique mais une pratique. Il est étonnant de simplicité et de puissance, mais il faut faire l’effort de le pratiquer régulièrement. Il n’y a pas de raccourcis pour devenir pianiste de concert, pas plus en Reiki.»

Selon Roger Papineau, également membre de l’Alliance et un des premiers maîtres au Québec, le prix de 10, 000 dollars exigé pour devenir maître sert de ticket modérateur et permet de départager les gens vraiment sérieux de ceux qui ne viendraient au Reiki que par curiosité. Il craint que des gens soient maintenant attirés par le Reiki uniquement pour devenir des praticiens et gagner de l’argent.

Le sacré plus important que l’argent

Membre de l’ARMA, Roger Foisy est le principal promoteur de la démocratisation du Reiki au Québec. Il demande 300 dollars pour l’initiation aux deux premiers niveaux puis 1000 dollars pour devenir maître. M. Foisy est naturopathe, docteur en philosophie et membre de plusieurs sociétés scientifiques internationales. Il a refusé d’accorder une entrevue au Guide Ressources. Sa porte-parole nous a fait savoir qu’il ne répondrait à aucune de nos questions parce qu’il ne voulait pas faire de politique.

Chetan Aseem, un des maîtres qu’il a initiés, affirme que le fait d’exiger 10.000 dollars pour devenir maître ne constitue pas une bonne façon d’écarter les gens moins sérieux. Pour des gens fortunés, débourser 10.000 dollars ne représente pas un obstacle majeur, et il serait dommage que ce prix élevé empêche des personnes de bonne volonté d’accéder au statut de maître. Chetan Aseem me confie avoir déjà refusé des gens disposés à payer pour devenir maîtres parce qu’il ne les sentait pas suffisamment prêts. Il ajoute que le côté sacré est plus important que l’argent, et qu’il ne faut pas que le sacré serve de prétexte au dogmatisme.

Que les intentions soient pures, soit. Mais Paul Martel, président de la coalition Réseau alternatif de santé du Québec, souhaite tout de même que le Reiki, comme les autres médecines douces, s’autoréglemente et se donne des normes de pratique ainsi qu’un code de déontologie afin que le consommateur s’y retrouve.

La technique du Reiki est d’une extrême simplicité. Certains ouvrages suggèrent qu’une fois initié on devient simplement un canal et que c’est l’énergie universelle qui fait tout le travail. Plusieurs maîtres et des praticiens d’autres types de médecine énergétique s’opposent à une approche aussi simpliste. En effet, quelqu’un qui sert de canal ne devient pas bêtement un tuyau. Il servirait plutôt de récepteur et d’amplificateur et la clarté de la transmission serait fonction de sa pureté d’intention et de sa capacité d’être impersonnel, aimant, détaché, généreux, sans attentes et sans interférences personnelles. Simple, certes, mais pas évident…

Je ne peux m’empêcher de voir une ressemblance avec l’alchimie: on dit parfois que la véritable raison d’être de l’alchimie n’était pas de transformer le plomb en or mais bien de transformer l’alchimiste lui-même pour le rendre aussi pur que l’or… Le Reiki peut être défini comme un outil de guérison destiné avant tout à se soigner et à soigner les autres, mais pourrait-il, comme l’alchimie, jouer également le rôle d’instrument de profonde transformation personnelle consciente? Entre ces deux pôles, toutes les nuances sont possibles. Tout ce qui brille n’est pas or, mais quelle est la véritable valeur de l’or?

L’imposition des mains comme Jésus-Christ

On présente le Reiki comme un art et une science millénaires qui auraient été oubliés par l’humanité puis redécouverts au milieu du siècle dernier par le moine Mikao Usui, alors recteur de l’université chrétienne de Kyoto, au Japon. Voici le récit qu’en font ses disciples.

Un élève aurait demandé à Usui une démonstration de guérison par l’imposition des mains comme la pratiquait Jésus-Christ. Ne pouvant répondre, Usui résolut de percer le mystère. Il se rendit d’abord à l’université de Chicago pour faire des études supérieures en théologie. Il analysa ensuite de nombreux ouvrages chinois et voyagea en Inde où il prit connaissance d’anciens textes sanskrits. De retour au Japon, il explora la tradition selon laquelle Bouddha aurait lui aussi procédé à des guérisons par imposition des mains. Après sept années de recherche, il mit la main sur d’anciens soûtras bouddhiques en sanskrit et découvrit des formules et des symboles de guérison apparemment utilisés jadis par Bouddha. Mais, malheureusement, rien sur la façon concrète de les utiliser.

Il se rendit alors sur la montagne sacrée de Kuriyama pour jeûner, méditer, lire des soûtras et réciter des mantras. Au bout de 21 jours, il reçut littéralement un jet de lumière dont se détachèrent par la suite les symboles sanskrits en question. Il aurait alors dit: «Oui, je me souviens.»

Le Reiki était né. Usui procéda à de nombreuses et spectaculaires guérisons par l’imposition des mains. Il aurait toutefois été déçu de constater que trop de gens ne cherchent que la guérison physique sans prendre la responsabilité de leur santé et de leur vie. Il ajouta donc à la technique du Reiki les cinq préceptes suivants: vivez confiants, un jour à la fois; vivez l’instant présent sans inquiétude; honorez vos parents, vos maîtres et vos aînés; gagnez honnêtement votre vie; rendez grâce à tous les êtres et à toutes choses.

Avant sa mort, Usui confia sa succession à Chijiro Ayashi qui dirigea la clinique de Reiki à Tokyo jusqu’en 1941. En 1935, une Américaine de Hawaii, en visite chez ses parents au Japon, se rendit à la clinique et fut complètement guérie du cancer en huit mois. Hawayo Takata se consacra alors entièrement au Reiki et succéda à Ayashi à sa mort. Elle pratiqua le Reiki à Hawaii à partir de 1938, mais n’accepta de former des maîtres qu’à la fin des années 70. A sa mort en 1980, elle avait formé 22 maîtres, des Canadiens et des Américains.

Le Reiki soulagerait les symptômes de la dépression

Le 9 juin 2004 – Une étude cas-témoin à double insu menée pendant six semaines auprès de 45 personnes âgées de 19 à 78 ans, tend à démontrer que le Reiki permettrait de réduire les symptômes de la dépression et que ses effets se feraient sentir jusqu’à un an après les traitements.

Fait particulier, tant le Reiki pratiqué en personne que le Reiki à distance2 semblent avoir donné des résultats positifs.

L’auteure de cette étude visait deux objectifs : vérifier d’abord l’effet de la thérapie énergétique du Reiki sur des personnes nécessitant des traitements contre la dépression et le stress psychologiques et en vérifier ensuite l’effet à long terme.

Après avoir été sélectionnés en fonction de leur état de détresse psychologique, les participants ont été séparés aléatoirement en trois groupes. Les gens du premier groupe ont reçu des traitements de Reiki en personne, tandis que ceux du deuxième groupe ont pris part à des séances de Reiki à distance. Dans le troisième groupe, qui servait de groupe-témoin, les participants ont fait l’objet de simulations de traitement de Reiki à distance (placebo).

Préalablement à la randomisation des groupes, les participants avaient été informés que durant les séances de Reiki en personne, ils pouvaient recevoir de vrais ou de faux traitements. On voulait ainsi que tous soient convaincus que durant les séances de Reiki à distance, ils recevaient de véritables traitements. Pour chaque séance de Reiki à distance (vraie ou placebo), les participants devaient s’allonger habillés sur une table.

Durant les essais cliniques, chaque participant recevait un traitement de Reiki par semaine (d’une durée de 60 à 90 minutes), par l’un des douze thérapeutes choisis pour l’expérience. Ceux-ci devaient pratiquer des techniques identiques afin de réduire le risque de distorsion de l’étude.

Avant chaque traitement, les participants devaient répondre à un questionnaire qui permettait de mesurer leur condition, selon trois facteurs : l’ampleur de la dépression, selon le Beck Depression Inventory; le degré de désespoir, selon le Beck Hopelessness Scale; et le niveau de stress perçu, d’après le Perceived Stress Scale.

Puis, un an plus tard, les personnes ont répondu au même questionnaire, afin de vérifier leur condition selon les trois mêmes mesures.

Par une analyse de variance multiple (ou manova), on a observé une diminution significative des trois mesures (dépression, désespoir et stress perçu) chez les participants des groupes 1 et 2 et ce, tant pendant les essais cliniques, qu’un an plus tard. Ceux du groupe-témoin n’avaient affiché aucune variation significative.

Martin LaSalle – PasseportSanté.net

1. Shore AG, Long-Term Effects of Energetic Healing on Symptoms of Psychological Depression and Self-Perceived Stress, 2004 May-Jun;10(3):42-8. Pour obtenir l’étude complète : Alternative Therapies, May/June, Vol. 10, No 3, 2004, pp 42 à 48.

2. Dans le Reiki à distance, le praticien n’est pas sur place durant la séance : il procède en visualisant son patient qui, de son côté, se met en état de réceptivité, sur une table énergisée.

Andrew Weil prédit un bel avenir au Reiki

2 juillet 1999 – Selon le Dr Andrew Weil, la figure la plus connue aux Etats-Unis dans le domaine des approches alternatives et complémentaires de santé (AACS), le Reiki, le toucher thérapeutique, l’homéopathie et la médecine énergétique vont bénéficier d’une grande attention médicale au cours de la prochaine décennie. Selon lui, les systèmes énergétiques humains et, par le fait même, les thérapies qui influent sur ces systèmes, sont sur le point de devenir un des thèmes de prédilection de la recherche médicale. Il a fait cette prédiction lors d’un colloque qui a réuni plus de 600 professionnels de la santé à l’Université Harvard, au printemps dernier.

 

 

 

 

Je suis maître Reiki depuis 2012

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